Fabi : Cours Liz', cours !!!
Lizzie : Dépêche-toi !!
Jo : Grouillez-vous ils vont nous rattraper !!!
Fabi : Cours Lizzie, c'est toi qu'ils veulent !!
Lizzie : Arrête de parler et cours !!
Jo : On est arrivé !!
Ils grimpèrent les marches maladroitement construites d'un cabane, cachée dans un arbre. Le plus grand fouilla partout, renversa les pots de peinture, les lances-pierres, les jouets, les ballons et autres et finit par sortir une grande boîte à chaussures. Les enfants la comtemplèrent un moment avec fascination puis descendirent en courant. Ils comptèrent 40 pas à partir de la cabane, ce qui correspondait à 20 mètres. Ils se mirent à creuser frénétiquement sous un arbre dont le racines formaient une barrière. Ils se salirent mains et genoux mais creusèrent un trou profond. Le plus âgé prit la boîte dans ses mains.
Jo : Quelqu'un veut ajouter quelque chose ?
Fabi : M ... moi ... j'ai des questions ... et je voulais ... qu'on y réponde ... si un jour on la retrouve ...
Jo : Vas-y .
Le petit garçon sortit une feuille de papier froissée et pliée en plusieurs fois. Il prit soin de ne pas mettre trop de terre dessus et la posa doucement sur les autres objets. La fillette rabatit avec hésitation le couvercle et le grand enfonça la boîte dans le trou. Ils le rebouchèrent maladroitement mais rapidement. Ils entendirent des voix.
Jo : Allez, on se dépêche, ils vont arriver !!
Ils se relevèrent et, sans prendre le temps de s'épousseter, repartir vers leur cabane. Ils se figèrent. Ils les avaient ratrappé. Les deux garçons se rapprochèrent des adultes.
Jo : Cours Liz', COURS !!!
La jeune fille prit ses jambes à son cou et courut aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient. Elle fut stoppée en plein élan par une main puissante qui lui tenait le col. Elle eut beau se débattre rien n'y fit. Elle fut ramenée sans ménagement au point de départ. Les trois enfants hurlèrent mais ne parvinrent pas à se détacher de l'emprise des adultes. La mère de Lizzie en eut vite marre.
Mère : Sa suffit Lizzie ! Tu aurais dut faire tes adieux au lieu de jouer les gamines martyres !! C'est fini maintenant, tu viens !!
Lizzie : Nooon !! Je veux paaaaaaaaaas !!!
Jo : Lizziiiiiiiiiiiiie !!
Lizzie : Joooooooooo !! Les laisse pas m'emmener !!! Les laisse pas m'emmener !!! Je veux pas partiiiiiiiiir !!!
Fabi : Lizziiiiiie !!! Naaaaaan !!!!
Lizzie : Je veux paaaaaaaaas !! Fabi, je veux paaaaas !!!!
La mère poussa la fillette dans une voiture et ferma la porte. Elle réussi à sortir par l'autre portière et se précipita une dernière fois dans les bras de ses amis. La mère sortie de la voiture, furieuse.
Mère : Lizzie !! Viens ici im-mé-dia-te-ment !
Lizzie : Non !!
Mère : Lizzie ...
Elle l'attrapa par le bras et tira. Les deux frères tirèrent de leur côté aussi fort qu'elle. Pendant un instant, Lizzie crutque son bras allait se détacher. Puis l'inévitable se proiduisit. Les deux autres adultes agripèrent les garçons et les forcèrent à lâcher prise. La mère poussa sa fille dans la voiture et pris soin de fermer le verrou cette fois-ci. Les frères furent lâchés lorsque la mercedes noire commença à partir. Ils coururent en pleurant derrière la voiture. La dernière image que les deux garçons conservèrent fut celle de leur amie collée à la vitre arrière, les joues ruisselante de larmes.
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Lizzie ouvrit les yeux. Ce souvenir cuisant était encore présent dans sa mémoire et plus le temps passait, plus il était douloureux. Bien que 8 ans aient passé, elle n'avait rien oublier de ses deux amis qu'elle considérait comme ses frères.Elle sortit de son lit et se dirigea vers la salle de bain. Elle pesta un moment contre le tiroir de l'armoire qui lui refusait l'accès à sa brosse à dents puis se dit que se brosser les dents avant le petit déjeuner n'était pas une si bonne idée. Elle descendit d'un pas lourd les escaliers, rattant une marche et atterissant sur le cul. Elle prit un bol et entreprit de se faire un chocolat chaud avec des tartines. Le compteur éléctrique sauta. Pas moyen de faire marcher le micro-onde. Elle se contenta donc d'un bol de lait froid. Et comme sa mère chérie n'avait pas acheter de pain, pas de tartine. Elle marmonna quelques injures en allemand et repartit dans la salle de bain. Seulement sans éléctricité, pasde chauffaud, sans chauffaud, pas d'eau chaude. Elle prit donc une douche froide, pensant que ça lui remettrait les idées en place. Pas du tout. Elle sortit de la douche de plus mauvaise humeur encore. Elle s'habilla et prit ses affaires
de cours en se demandant comment cette journée pourrait empirer. Sa mère sortit de sa chambre, pas réveillée, et lui annonça qu'elle ne pourrait pas l'emmener au collège. Lizzie sortit donc de chez elle puis s'aperçut qu'elle avait laissé son sac de cours dans le couloir. Problème : ses clefs étaient dans son sac. Elle dut sonner plusieurs fois avant que sa mère ne lui ouvrir, de mauvais poil. Elle rattrapa de justesse le bus du ramassage scolaire. Plus de place. Elle s'installa tout au fond et fouilla dans son sac, souhaitant très fort ne pas avoir oublier son porte-feuille. Elle le sortit en soupirant de soulagement et sortit une photo, vieille et abimé à force d'avoir été manipulée. Elle caressa du bout des doigts ces deux visages tant aimés, tant convoités, qu'elle aimerait tant revoir. Elle regarda leur sourire, elle les regarda tous les trois, insouciant et riant aux éclats, ignorant qu'ils allaient être séparés par la simple volonté de sa mère. Elle avait décidé de retourner en France suite à sa demande du mutation auprès de son travail. Elle voulait pouvoir habiter près de son futur fiancé, sans savoir qu'il allait rompre peu après. Elles auraient put retourner en Allemagne, à Dilingen, et mener une vie paisible comme avant, mais sa mère fut renvoyer pour être venue au travail complètement saoul, sa rupture l'ayant anéantie. Elle disait qu'elle trouverait un moyen de retrouver leur vie d'avant mais elle passait plus de temps à se saouler qu'à chercher du boulot.
Lizzie reprit ses esprit et rangea vite fait la photo, de peur que son extraordinaire chance ne fasse des dégâts sur son unique souvenir heureux.